Des confessions pas forcément intimes
Alors, comment écrire cette histoire de Lisieux ? Si vous fréquentez habituellement ce blog (j’y tiens), vous ne serez pas surpris par ma nouvelle orientation : elle se lisait dans mes derniers articles. Roulement de tambour. Voilà : le livre intégrera des témoignages fictifs de Lexoviens. S’exprimeront dans mes pages des « célébrités » comme l’évêque Pierre Cauchon ou des anonymes comme un apprenti boucher du Moyen Âge, une prostituée ou un ouvrier d’usine au XIXe siècle. Dans ce blog, vous avez déjà pu entendre les espoirs électoraux de Paul Duchesne-Fournet et les déconvenues du missionnaire Lambert de la Motte au Cambodge. L’objectif étant de rendre le texte plus vivant et de saisir l’histoire à hauteur d’homme ou de femme. Que pouvaient ressentir ces Lexoviens face aux événements ? Comment vivaient-ils au quotidien ? Comment voyaient-ils la ville ? Endosser le costume de ces personnes m'amuse.
En même temps, il frôle le scientifiquement incorrect. D’où quelques réticences à procéder ainsi. Je m’éloigne des rivages balisés du discours historique pour frayer avec le roman. Car, forcément, je vais postuler les propos et pensées de ces témoins. Je vais utiliser des mots, un langage qu’ils n’employaient sûrement pas eux-mêmes. Bref, mes « témoignages » ne seront pas — ne pourront être — authentiques. Néanmoins, je me fixe deux principes pour limiter mes divagations :
- les faits rapportés par les « témoins » sont attestés par des sources
- les pensées des personnages sont plausibles à défaut d’être certaines.
Garder le meilleur
En dépit de ces réorientations, le patrimoine reste un thème fondamental dans mon projet. Je considère toujours important que l’histoire de Lisieux s’ancre dans du concret, du visible. Aussi, des sections « à voir » décrypteront des monuments, des plaques commémoratives, des statues...
En raison de ces changements, le brouillon de mon ouvrage a subi une réécriture qui a parfois tourné à la cure d’amaigrissement. Exit certaines parties. L’idée étant de garder le meilleur. Aujourd’hui le livre ne contient plus que 50 pages et je tâcherais de ne pas dépasser 150. Comme le dit la citation, « la perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer ». Alors, retirons gaiement !